mercredi, janvier 22

Le Gabon n’en fait toujours pas assez pour protéger les femmes contre toutes les formes de violence

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À l’occasion de la célébration de la Journée Internationale pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes, le lundi 25 novembre 2019, l’heure était à la réflexion sur ces formes d’agression qui n’épargnent aucun continent de la planète. Le Gabon n’est pas en reste puisqu’au nombre des faits divers qui se déroulent dans le pays, les violences basées sur le genre (VBG) ne manquent pas de faire l’actualité. Cela, malgré les mécanismes juridiques mis en place pour protéger et prémunir la gente féminine contre ce fléau mondial.

Les statistiques que rapportent nos confrères de “L’Union” sont inquiétantes. En effet, dans le monde ce serait 54,3% des violences physiques dont seraient victimes des femmes soit 2 victimes sur 3. Les violences économiques (4 victimes sur 5 soit 82,3% sont des femmes) et sexuelles (9 victimes sur 10 soit 89,8% sont des femmes) sont plus terrifiantes au niveau statistique.

Au Gabon, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW-CEDEF) constituent la clé de voûte de l’arsenal juridique dont dispose le pays pour endiguer le phénomène au niveau national. Mais nul besoin de statistiques savantes pour comprendre que plusieurs facteurs contribuent à la persistance du fléau. Pour la plus grande part, les considérations culturelles font que le phénomène constitue toujours un tabou. D’autre part en revanche, il y a l’ignorance des femmes de leurs droits et la conjoncture sociale caractérisée par la pauvreté, la perte des valeurs et autres problèmes sociaux.

Nicole NGUEMA METOGO, experte internationale en genre et droits humains explique également qu’au Gabon, «les populations minimisent les VBG. Concernant les violences conjugales par exemple, il s’agit d’un acte banal, quasi normal que la femme mérite. À la limite, cela fait partie de la relation de couple». L’obstacle culturel apparaît donc rédhibitoire dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes Gabon.

Par ailleurs, l’absence de cadre adéquat de prise en charge des femmes victimes de violences empêche de lutter durablement contre le phénomène. L’appareil juridique national ne dispose pas d’une loi répressive spécifique pour punir les violences basées sur le genre. En ce sens, les organisations de la société civile peuvent jouer un rôle crucial, en ce qui concerne le conseil, la prise en charge et le suivi des victimes survivantes des VBG. Pour cela, elles doivent être formées et soutenues par des ressources financières et techniques. À cet effet, l’Etat, plus précisément les législateurs doivent mettre en place un cadre juridique favorisant cet environnement de prise en charge.

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