“René NDEMEZO’O O, il vaut mieux l’avoir avec soi que contre soi”: quand Jean PING tressait des couronnes à RNO

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Le leader de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), Jean PING, n’a pas encore réagi à l’annonce de son allié de l’époque, René NDEMEZO’O OBIANG (RNO), de rallier les rangs du Parti démocratique gabonais (PDG) avec tous les membres de son parti dit de l’opposition modérée, Démocratie nouvelle (DN). Sans doute ne s’attendait-il pas à un tel retournement de veste de celui dont il vantait encore les qualités en 2016.

Au cours d’un meeting politique en 2016, Jean PING était revenu sur sa relation avec René NDEMEZO’O OBIANG, alors transfuge du PDG, mécontent du bilan d’Ali BONGO à la tête du pays.

Selon les propos du leader de l’opposition de l’époque, il aurait fait la rencontre de RNO en 1968 en France. À ce moment, l’Hexagone était secoué par les manifestations de «mai 68». Les deux compatriotes se côtoient depuis lors.

«René NDEMEZO’O OBIANG est un rassembleur de talent, un débatteur redoutable. Il vaut mieux l’avoir avec soi que contre soi», a déclaré Jean PING lors du rassemblement avec ses partisans.

Une affirmation qui prend un sens funeste au moment où RNO a décidé de tourner le dos à l’opposition en faisant bloc, lui et sa formation politique, derrière Ali BONGO et le PDG. Un nouveau positionnement que beaucoup d’acteurs assimilent à de l’opportunisme politique. Fidèle à son surnom, on peut dire que RNO encore appelé “Okocha”, enfin dribbleur, a réalisé un coup qui a pris tout le paysage politique par surprise.

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Pour sa part, le ténor de l’opposition avait déjà commencé à prendre ses distances avec l’opposition radicale, en créant en avril 2019 une plateforme de partis de l’opposition dénommée “Convergence 2023”, conduite par son parti DN. Pour RNO, l’enjeu est clairement l’échéance électorale de 2023. Un réalisme politique qui n’est visiblement pas au goût de tout le monde.

Quoi qu’il en soit, l’on peut déduire, sans trop craindre de se tromper, que ce repositionnement de RNO va inévitablement conduire à un rabattage des cartes notamment dans la province du Woleu-Ntem dont il est natif. Réputée être un bastion de l’opposition, la 9è province du Gabon avait déjà servi de place forte pour Jean PING aux élections présidentielles de 2016, où il avait battu Ali BONGO, grâce aux dignitaires acquis à sa cause dont René NDEMEZO’O OBIANG.

Avec le retour au PDG de ce dernier, doit-on s’attendre à ce que la province septentrionale bascule du côté du parti de masse, à deux années de 2023 ? D’autant que le parti d’Ali BONGO peut compter sur l’appui d’Emmanuel ONDO METHOGO et NZET BITEGHE, tous deux sénateurs du PDG. De quoi augurer un grand chambardement dans l’échiquier politique national.

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