dimanche, février 23

Laffite Joyce NTSEGUE: «La liberté de la presse est un facteur essentiel à la bonne gouvernance et, au progrès économique, politique et social»

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De nombreuses personnalités gabonaises se sont exprimés ce jour, 03 mai 2019, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse. Parmi eux, Laffite Joyce NTSEGUE, Secrétaire national chargé de la Communication et de la veille Médiatique du Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) a tenu à rappeler l’importance de la presse dans un État dit démocratique. Son intervention, tient lieu d’interpellation à l’endroit des pouvoirs publics. Lesquels semblent ne pas prendre en compte certaines libertés fondamentales. Si l’on s’en tient au dernier rapport de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), pour l’année 2019, qui classe le Gabon à la 115e place sur 180 pays. Perdant ainsi 7 places par rapport à l’année précédente où il occupait le 108e rang. Une réaction parvenue à la rédaction de “Vox Populi” (VXP), que nous publions inextenso.

« Aujourd’hui, 3 mai 2019, voilà 26 ans que nous célébrons la journée mondiale de la liberté de la presse. Un jour où nous ne pourrions parler de la liberté de la presse sans aborder le rôle du journaliste dans notre société. En effet, la liberté d’opinion et d’expression est non seulement importante en soi mais aussi essentielle à l’exercice des droits humains. Loin de concéder à la liberté d’expression le fait de dire et d’écrire tout ce qui nous passe par la tête, elle reste l’expression de la responsabilité.

Toute chose pouvant contribuer à l’épanouissement de nos communautés lorsqu’elles se sentent en sécurité et respectées par l’Etat qui leur garantit ce droit. C’est également un facteur essentiel à la bonne gouvernance et, de fait, au progrès économique, politique et social. Cette liberté d’expression et d’information contribue à la qualité de la gouvernance de plusieurs manières. Ainsi, la célébration de ce jour nous rappelle que les médias sont garants d’un droit fondamental, droit à l’information, qu’il convient d’exercer en toute liberté mais avec responsabilité.

Quel regard peut-on aujourd’hui jeter sur la presse gabonaise ? Crise de confiance de la part du public, crise d’identité de la profession, crise économique du secteur, etc., ces maux sont palpables mais la réalité infiniment plus complexe. Le journaliste a dans son rôle autre que celui de récolter des informations, celui d’investigation, il est la conscience morale de l’opinion publique et de la société civile. Il expose des faits susceptibles d’aider le public à accéder à la vérité.

Cependant, avec l’avènement des réseaux sociaux, et des multiples plateformes de communication, cette évolution n’est bien sûr pas sans incidences sur l’exercice de la profession surtout avec le phénomène des « Fakenews » (fausses informations). Le journaliste doit donc s’imposer, pour ce faire, des normes qui découlent des obligations de diffuser des informations vérifiées, recueillir les informations de manière indépendante, respecter les droits privés des personnes.

Le droit à l’information n’est pas l’apanage des autorités politiques. Contrairement à ce que nous observerons ces dernières années ; à savoir, l’inquiétante érosion de la liberté de la presse, les restrictions imposées aux journalistes, les intimidations et convocations répétitives allant jusqu’aux détentions provisoires. On note également de nombreuses censures et sanctions de la Haute Autorité de la Communication (HAC) contre les médias privés dit « d’opposition » du simple fait de critiquer la mauvaise gouvernance de l’exécutif et son chef, une institution qui aurait eu pour rôle véritable l’encadrement et la formation mais qui hélas perd ses lettres de noblesses. En plus des ingérences de l’exécutif dans la ligne éditoriale des médias audiovisuels publics qui se font légions et la couverture médiatique des activités de l’opposition quasi inexistante. Seule compte la presse écrite systématiquement muselée par des mesures d’encadrement autoritaires constamment décriées.

Dans une démocratie, la liberté de la presse doit être le porte voix des revendications citoyennes. Et, quel que soit son média nous devrions encourager le journaliste qui s’efforce de servir le public avec minutie et honnêteté. L’intégrité professionnelle est la pierre angulaire de la crédibilité d’un journaliste.

De fait, je voudrais rappeler l’importance d’une presse libre et indépendante pour une démocratie véritable. La liberté d’expression et de la presse est un bien précieux pour lequel il a fallu que nombreux confrères se battent sans cesse au cours de notre histoire. Cependant, elle n’a jamais été sans limites, ce qui est parfois ignoré.

Comme pour toutes nos libertés, la liberté d’expression s’arrête là où elle porte atteinte à la liberté d’autrui.

Bonne journée à tous nos médias et aux journalistes.

Laffite Joyce NTSEGUE, Conseiller en Communication, Secrétaire National chargé de la Communication et de la veille Médiatique du RPM»

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