Justice
Gabon: vers une remise en liberté de J.R YAMA ?
Le syndicaliste, Jean Rémy YAMA pourrait bientôt recouvrer sa liberté. La juge d’instruction aurait ordonné sa remise en liberté, pour permettre à ce dernier d’obtenir des soins alors qu’il souffrirait d’un syndrome d’apnées du sommeil sévère, selon son avocat, Me Kevin NZIGOU. Seulement, il devra attendre encore quelques semaines qui ouvrait lui paraître encore bien longues, car le parquet a fait appel à la décision de la juge.
Président de la confédération syndicale Dynamique unitaire (DU), Jean Rémy YAMA est accusé d’abus de confiance et d’abus de bien social dans le cadre de l’affaire SCI Serpentin. Si l’hebdomadaire “Jeune Afrique” évoque la décision de sa remise en liberté,pour des raisons sanitaires, il semble que le fonctionnaire radié, ne saurait échapper à son procès.
Et tout a été ficelé pour. Car le leader syndical a été frappé d’une interdiction formelle de quitter le territoire. Manque de bol, peut-on dire pour lui, qui espérait rejoindre un pays etranger, pour y effectuer le réglage de l’appareil qui l’aiderait à dormir, celui ne pouvant être effectué au Gabon, semblerait-il. Étant entendu qu’il souffrirait d’apnée du sommeil sévère.
Justice
Affaire Arsène NKOGHE: un procès pour outrage à magistrat qui interroge plus d’un
[L]e Tribunal de première instance de Libreville ouvrira en audience correctionnelle, ce jeudi 19 février 2026, le procès opposant l’ancien président de la commission électorale du 5e arrondissement de Libreville, Élie Nazaire OBIANG BEKALE à l’actuel deuxième adjoint au maire de l’hôtel de ville de la capitale gabonaise, Arsène Édouard NKOGHE NZÉ, pour outrage à un magistrat, injures publiques et violences. Une affaire judiciaire née des tensions électorales du double scrutin du 27 septembre 2025. Ce procès mettra en lumière la frontière qui existe entre critique citoyenne et protection institutionnelle.
Arsène Édouard NKOGHE, personnalité connue du landerneau politique depuis plusieurs années maintenant, est appelé à la barre demain. Lui, et 11 autres citoyens dont certains ne se reconnaissent pas dans cette affaire, c’est le cas de Gervais BITEGHE, qui n’apparaît nullement dans la vidéo. Que fait-il là, pourquoi est-il cité ? Culpabilité par association? Mystère et boule de gomme. Il lui est certainement reproché sa proximité avec l’ancien Délégué spécial du 5e arrondissement.
Selon les faits relayés par la presse judiciaire gabonaise, cette confrontation découle des vidéos publiées sur la toile, montrant une foule accusant l’ancien président de la Commission, de manipulation des procès verbaux, après fermeture des bureaux de vote. Sur la base des articles 157, 161, 230 et 286 du code pénal, le ministère public a retenu comme chefs d’accusation : outrage à un magistrat, injures publiques et violence. Un dossier introduit par citation directe qui a envoyé directement les présumés coupables devant le tribunal correctionnelle.
Dans une Ve République où la restauration des Institutions suscite un intérêt particulier pour les pouvoirs publics, la justice doit être équitable en jugeant les faits sans ambiguïté. Rappelons que l’outrage à un magistrat selon notre Constitution protège le concerné lorsqu’il est attaqué dans l’exercice de ses fonctions. Mais ce dernier en agissant en qualité de président de Commission électorale, désigné par la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), est il également protégé au titre de sa fonction juridictionnelle?
Cette question semble soulever un bon nombre de débats au sein de l’opinion.
Dans ce cas précis, Élie Nazaire OBIANG BEKALE a signé un rapport au ministre de l’Intérieur en qualité de président de la Commission électorale du 5e arrondissement de Libreville, avec cachet à l’appui et non celui de magistrat. Cette distinction institutionnelle est importante. Elle interroge sur la question de savoir la qualification juridique exacte des faits reprochés et du statut sous lequel la protection pénale est invoquée.
Critiquer le comportement d’un responsable électoral ne saurait automatiquement constituer un outrage à magistrat, ce-ci relève de la critique politique, certes parfois rugueuse. À moins de considérer qu’un magistrat, hors de son lieu et de son cadre de travail, serait placé dans une immunité de fait face à toute interpellation citoyenne. Ce serait une dangereuse dérive.
Justice
Nourredine BONGO, Ian Ghislain NGOULOU, Brice LACCRUCHE ALIHANGA désigne ses bourreaux
L‘ancien directeur de cabinet d’Ali BONGO ONDIMBA, Brice LACCRUCHE ALIHANGA, a récemment accordé une interview émouvante et dérangeante à TV5Monde. Il y décrit ses quatre années de détention dans des conditions inhumaines, qualifiant cette période d’« enfer organisé ». Selon lui, sa détention était une « exécution lente et froide d’un adversaire devenu gênant pour le système » orchestrée par le clan BONGO, plus précisément Nourredine BONGO VALENTIN et son bras droit Ian Ghislain NGOULOU.
Les accusations contre le clan BONGO
Brice LACCRUCHE ALIHANGA accuse le duo Nourredine BONGO / Ian Ghislain NGOULOU d’avoir orchestré une campagne de répression visant à l’effacer du paysage politique. Il relate une visite de Ian Ghislain NGOULOU en prison, où celui-ci lui aurait dit qu’il portait ses vêtements, vivait chez lui et qu’il serait condamné à 25 ou 30 ans de prison après les élections. Cette déclaration illustre, selon lui, la logique d’un pouvoir qui confondait rivalité politique et anéantissement physique.
Un système mafieux
BLA comme ceux qui l’affectionnait a qualifié le système BONGO-VALENTIN de « mafia » ou de « cartel », où la loyauté absolue était exigée et la dissidence condamnée. Il affirme que sa chute n’était pas liée à des erreurs de gestion ou à une rupture politique, mais relevait d’une stratégie planifiée pour neutraliser toute concurrence à la montée au pouvoir de Nourredine BONGO VALENTIN.
Conséquences et questions en suspens
Ce témoignage soulève des questions fondamentales sur la justice et la démocratie au Gabon. Si les méthodes décrites par LACCRUCHE ALIHANGA sont avérées, elles révèlent l’existence d’un État parallèle où règlements de comptes, humiliations personnelles et instrumentalisations de la justice dictent les règles du jeu politique. Aujourd’hui, le Gabon est face à son histoire et la question de savoir si la vérité finira par triompher d’un système bâti sur la peur, le silence et la répression reste en suspens.
Réactions et perspectives d’avenir
Brice LACCRUCHE ALIHANGA a changé de camp tout comme le pouvoir a changé d’épaule depuis la chute de son bourreau. Aujourd’hui, il soutient l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), parti du président Brice OLIGUI NGUEMA, par ailleurs tombeur d’Ali BONGO. Il espère contribuer à un changement réel au Gabon en dénonçant les mécanismes de l’ancien régime et en soutenant une justice équitable. Son témoignage pourrait avoir des implications significatives pour l’avenir politique du pays, notamment à quelques semaines des élections législatives et locales.
Justice
Oyem : Les 3 meurtriers de « Madame Mauro » condamnés à perpétuité
La Cour d’appel judiciaire d’Oyem a condamné à perpétuité trois individus pour le meurtre de Noëlle ZANG Ondo, communément appelée « Madame Mauro », une femme d’une soixantaine d’années. Les accusés, Simplice ALLOGO ALLOGO alias « Jésus », Juvénal EKOUA MBA alias « Zagalo » et Ludovic BIYOGHE IYOGHE ELLA alias « Ezé », ont été reconnus coupables de ce crime atroce commis le 13 novembre 2020 à Oyem.
Selon les faits, les accusés se sont introduits par le plafond dans la chambre de la victime, l’ont brutalisée, ligotée et bâillonnée pour une somme de 5 000 francs. Les neveux de la victime, présents dans la maison, ont entendu les cris et ont alerté les militaires qui sont intervenus trop tard. Malgré les efforts des secouristes, Madame Mauro est décédée peu après son arrivée à l’hôpital.
La Cour a suivi les réquisitions du procureur général et de l’avocat de la partie civile, condamnant les accusés à perpétuité conformément aux articles 209, 223 et 224 des Codes de procédure pénale gabonais. Cette décision met fin à une affaire qui a traumatisé la communauté locale et rendu justice à la victime et à sa famille.








