Gabon /Trafic de bulletins: la mesure du gouvernement, une pilule difficile à avaler pour certains

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La décision N°000004/MESRSTTENFC du ministère de l’Education nationale, portant sanctions des établissements privés, personnels et élèves ayant produit de faux bulletins ou ayant été inscrits sur cette même base, rendue le 07 août 2020, a suscité une vive polémique au milieu de la population. Où, quelques membres de la société civile ont fait entendre leurs opinions, dont certains, accusant du ministre de tutelle, Patrick MOUGUIAMA DAOUDA, d’avoir publiquement humilié les hauts fonctionnaires, à quelques jours de l’examen du baccalauréat, sans que leur culpabilité n’ait été prouvée. 

Alors que les épreuves écrites du baccalauréat débuteront le 20 août prochain, le ministère de l’Education nationale a choisi de passer au Karcher les établissements privés d’enseignement secondaire, leur personnel et apprenants soupçonnés de fraude. Et une décision de la tutelle, identifie l’ensemble des établissements, personnels et élèves sanctionnés d’une fermeture définitive, d’une suspension de fonction, d’un avertissement ou simplement de l’interdiction de participer au baccalauréat pour le compte de l’année académique 2019-2020.

Un parent d’élève, s’est insurgé qu’à la découverte des magouilles au sein desdits établissements, il n’aurait été nullement fait mention les responsables, d’une enquête qui a déterminé le degré de culpabilité de chaque entité et/ou individu. Aucune demande d’explication n’aurait également été adressée aux fonctionnaires sanctionnés, lesquels n’auraient beneficié d’aucun droit de réponse, ni d’un passage devant le conseil de discipline, qui auraient statué suivants les antécédents de chacun, de les sanctionner d’avertissement, blâme, suspension ou encore de radiation. D’autant qu’en matière d’établissement de bulletins, a-t-il poursuivi, «chaque établissement procède soit manuellement soit numériquement à l’édition des bulletins dans son école», car l’Education nationale ne disposerait d’«aucune norme établie en la matière». 

A cela, la Confédération nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed), renchérit, justifiant que cette décision vient en violation de l’article 10 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui dispose que «toute personne a droit en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle». Et son article 11 d’ajouter que «toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées».

Mais, pour le Syndicat de l’Education nationale (Sena), dont le secrétaire général, Fridolin MVE MESSA a regretté de n’avoir pas été associé à cette décision, la position de la tutelle est à saluer, pour ce qu’elle a enfin décidé de sanctionner «ces comportements [qui]tirent le système éducatif vers le bas. Ces enseignants qui se rendent coupables de ces actes de fraudes, remettent en cause l’éthique et la déontologie de cette profession». 

Et, à quelques jours de la tenue de l’examen national du baccalauréat, Patrick MOUGUIAMA DAOUDA rassure, «la machine d’organisation du bac est rodée». Car libérée de nombreux fossoyeurs, qui gangrenaient le système scolaire. En effet, «il était hors de question d’organiser le bac cette année avec les mêmes éléments dangereux», a-t-il indiqué.

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