dimanche, juillet 12

Etablissement de carte d’identité : le calvaire des librevillois pour obtenir un récépissé 

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Importante pour toute citoyenneté, nécessaire pour toutes démarches, exigée au cours des contrôles de police, la carte d’identité est un document d’une importance capitale, dont devrait disposer tous les citoyens d’un Etat. Mais pour le Gabon, doté d’une population d’un peu plus 1,5 millions d’habitants, seul un commissariat est désormais habilité à établir ce document. Manque d’encre, pas de papiers, absence de machines, seul le commissariat de Belle-Vue 2, dans le 3e arrondissement, dispose de ressources nécessaires à l’établissement dudit document. Mais, quant à cela se mêlent, pannes d’oreillers, retards, lenteur d’exécution, favoritisme et désobligeance, l’on se demande bien jusqu’à quand encore les gabonais devraient courir après cette pièce d’identité, qui plus est renouvelable chaque année, étant donné que les cartes ont cessé de paraître.

Il est 6 heures du matin, lorsque les premiers usagers franchissent le seuil du portail du commissariat de Police de Belle-Vue 2, bravant pour certains l’insécurité et le grand banditisme, pour d’autres la distance qui les sépare de leur domicile. En effet, ils viennent de partout, PK12, Nzeng-Ayong, charbonnages, Owendo, ou encore Angondje, pour tenter leur chance de faire partie des 70 premiers arrivants (quota journalier). Il est 8 heures 30, lorsque les fonctionnaires commencent à défiler, éveillant l’espoir des usagers, d’être rapidement reçus, bien entendu suivant l’ordre d’arrivée.

Des minutes s’égrainent, des heures défilent, d’une part vieillards, nourrices, femmes enceintes patientent dans un espace non aménagé pour les contenir (manque de place assises, aucun abri contre le soleil) sans qu’aucune priorité ne leur soit offerte. D’autre part, des salariés en attente de regagner leur poste s’impatientent. Quand quelques personnes arrivées bien plus tard sortent, brandissant fièrement leur récépissé, narguant au passage, les primo-arrivants. Et pour cause, ils disposent de «longs bras», ou comme raillera l’un d’entre eux, «même au ciel, Dieu fait des combines».

Alors «les sans parents», comme ils se nomment, patientent, pour s’entendre dire au bout de 3 heures d’attente de repasser le lendemain pour une raison ou une autre, tandis que les proches défilent avec leur pièce d’identité. Il est 10 heures 45 lorsque les moins privilégiés sont enfin reçus. À l’intérieur, une seule machine est disponible pour enregistrer les demandeurs, dans un cadre archaïque, qui ne prête pas à la confidence, doté de vieux fauteuils, dont l’éponge révélée cache peut-être des ferrailles déjà bien rouillées.

On est bien moins des dispositions de la “charte d’accueil du public dans les services des Forces de police nationale” rendue publique le 21 mai 2019, qui stipule que «la qualité de l’accueil s’appuie sur un comportement empreint de politesse, de retenue et de correction. Elle se traduit par la prise en compte immédiate des demandes du public et de l’état psychologique de l’usager», peut-on y lire. Alors, à quand le vrai changement?

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