mardi, novembre 12

Séraphin MOUNDOUNGA: de l’émergence à la déchéance ?

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Disparu des radars, l’ancien ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la recherche scientifique, de l’innovation et de la Culture, ne fait plus parler de lui. Exilé en France depuis 2016, suite à son départ tonitruant des arcanes du régime d’Ali BONGO, il se fait désormais discret, à la limite de l’invisible, ce qui l’a fait tomber dans l’anonymat le plus complet. Pourtant, ce n’est pas faute de s’être un temps reconverti en activiste de la diaspora et défenseur de la liberté des Gabonais.

Séraphin MOUNDOUNGA, natif de la province de la Nyanga, est un docteur en droit, qui a fait ses premières armes au sein de la galaxie présidentielle. Fidèle d’Ali BONGO, cet ancien hyper-ministre zélé s’était fait le pourfendeur des attaques à l’encontre de son bienfaiteur, qui avait fait de lui, un ministre de la Justice en 2014, avec rang de Vice Premier-Ministre.

Tout allait bien pour ce fils de Moabi, jusqu’à ce que survienne cette terrible année de 2016, où se tinrent les élections présidentielles dans le pays. Après la violente contestation, Séraphin MOUNDOUNGA choisit la voie de la trahison. En effet, il démissionna du gouvernement ONA ONDO avec pertes et fracas, avant de se reconvertir dans l’activisme de la diaspora en France, connue pour sa fronde acerbe contre le régime. Un véritable retournement de veste pour celui qui fut de 2010 à 2016, une figure de proue de la sphère présidentielle.

L’ancien fidèle d’Ali BONGO avait-il été pris d’un sursaut de fierté au moment de claquer la porte du pouvoir ? C’est dire que jusqu’alors, il est difficile de se figurer ce qui a amené cet homme qui avait tous les avantages et privilèges que l’on peut imaginer, à faire subir un affront à son ancien mentor. Nos confrères du “Moutouki” rappellent encore l’arrogance et l’outrecuidance qui caractérisaient ce soutien de la première heure d’Ali BONGO, qui ne ménageait aucun effort intellectuel pour asseoir le régime de ce dernier, au moment où il était lui-même aux affaires. Alors, la défection était-elle le résultat d’un sursaut patriotique pour celui qui tout perdu aujourd’hui, jusqu’au droit de vivre dans son pays natal ?

En tout état de cause, c’est bien loin des feux des projecteurs, et des flèches acérées de ses anciens amis que Séraphin MOUNDOUNGA s’est reclus. Laissant son passif politique derrière lui, il est désormais actif dans l’ONG Union pour la nation, l’intégrité, le travail et l’égalité (UNITE). Cette reconversion servirait-elle à faire pénitence, pour les agissements infâmes et le tort causé au Gabonais ? Séraphin MOUNDOUNGA, à l’instar de Bruno MOUBAMBA, fait partie de ces anciens sociétaires du gouvernement, qui ont décidé de se positionner un peu plus près du peuple, aux antipodes de ce qu’ils ont pu être comme personnalités dans le paysage politique gabonais. Mais le peuple a t-il pardonné, ou même oublié ? Seul l’avenir nous le dira…

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