Société/Environnement
Déficit énergétique: le Gabon s’offre 31 groupes électrogènes supplémentaires
Dans l’optique de renforcer le secteur énergétique du Gabon, le Président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA (CBON) a tenu sa promesse faite lors de son allocution il y a quelques mois, avec l’acquisition de 31 groupes électrogènes neuves, qui s’apprête à être réceptionnés au sein de la capitale, puis expédiés dans 18 localités de l’intérieur du pays. Cette opération marque une étape importante qui vient mettre définitivement fin au déficit énergétique que rencontre notre pays.
En effet, le pays a été longtemps confronté à un déficit énergétique quasi permanent. Des localités comme Tchibanga, Mitzic, Minvoul, Koulamoutou, Ndendé, Mayumba et bien d’autres sont directement concernées par cet acte. Composé de 31 groupes électrogènes de marque Caterpillar, accompagnés de transformateurs de puissance et d’appareillages de protection, qui sont des équipements nécessaires pour stabiliser et fiabiliser l’alimentation électrique dans ces localités.
Cette opération s’inscrit dans l’un des engagements d’OLIGUI NGUEMA, faite lors de la transition. En agissant là où l’ancien régime s’est contentés de fausses promesses, le Chef de l’État concrétise la volonté du gouvernement de garantir un développement harmonieux et équitable sur l’ensemble du territoire gabonais.
Pour le Chef du gouvernement, l’objectif est d’améliorer le quotidien des populations, de stimuler l’économie locale en fournissant une énergie fiable et durable. Lors de la Transition, CBON avait procédé à la réception de 14 groupes électrogènes neufs en faveur des populations de l’intérieur du pays, qui sera renforcé par ces nouvelles acquisitions, dans les jours avenir. C’est la preuve que l’accès à l’énergie demeure parmi les priorités du numéro 1 du pays.
Justice
Affaire Arsène NKOGHE: un procès pour outrage à magistrat qui interroge plus d’un
[L]e Tribunal de première instance de Libreville ouvrira en audience correctionnelle, ce jeudi 19 février 2026, le procès opposant l’ancien président de la commission électorale du 5e arrondissement de Libreville, Élie Nazaire OBIANG BEKALE à l’actuel deuxième adjoint au maire de l’hôtel de ville de la capitale gabonaise, Arsène Édouard NKOGHE NZÉ, pour outrage à un magistrat, injures publiques et violences. Une affaire judiciaire née des tensions électorales du double scrutin du 27 septembre 2025. Ce procès mettra en lumière la frontière qui existe entre critique citoyenne et protection institutionnelle.
Arsène Édouard NKOGHE, personnalité connue du landerneau politique depuis plusieurs années maintenant, est appelé à la barre demain. Lui, et 11 autres citoyens dont certains ne se reconnaissent pas dans cette affaire, c’est le cas de Gervais BITEGHE, qui n’apparaît nullement dans la vidéo. Que fait-il là, pourquoi est-il cité ? Culpabilité par association? Mystère et boule de gomme. Il lui est certainement reproché sa proximité avec l’ancien Délégué spécial du 5e arrondissement.
Selon les faits relayés par la presse judiciaire gabonaise, cette confrontation découle des vidéos publiées sur la toile, montrant une foule accusant l’ancien président de la Commission, de manipulation des procès verbaux, après fermeture des bureaux de vote. Sur la base des articles 157, 161, 230 et 286 du code pénal, le ministère public a retenu comme chefs d’accusation : outrage à un magistrat, injures publiques et violence. Un dossier introduit par citation directe qui a envoyé directement les présumés coupables devant le tribunal correctionnelle.
Dans une Ve République où la restauration des Institutions suscite un intérêt particulier pour les pouvoirs publics, la justice doit être équitable en jugeant les faits sans ambiguïté. Rappelons que l’outrage à un magistrat selon notre Constitution protège le concerné lorsqu’il est attaqué dans l’exercice de ses fonctions. Mais ce dernier en agissant en qualité de président de Commission électorale, désigné par la Commission nationale d’organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), est il également protégé au titre de sa fonction juridictionnelle?
Cette question semble soulever un bon nombre de débats au sein de l’opinion.
Dans ce cas précis, Élie Nazaire OBIANG BEKALE a signé un rapport au ministre de l’Intérieur en qualité de président de la Commission électorale du 5e arrondissement de Libreville, avec cachet à l’appui et non celui de magistrat. Cette distinction institutionnelle est importante. Elle interroge sur la question de savoir la qualification juridique exacte des faits reprochés et du statut sous lequel la protection pénale est invoquée.
Critiquer le comportement d’un responsable électoral ne saurait automatiquement constituer un outrage à magistrat, ce-ci relève de la critique politique, certes parfois rugueuse. À moins de considérer qu’un magistrat, hors de son lieu et de son cadre de travail, serait placé dans une immunité de fait face à toute interpellation citoyenne. Ce serait une dangereuse dérive.
Société/Environnement
Sécurité ferroviaire: la Setrag & les collectivités locales autour d’un atelier de concertation
Owendo, 11 février 2026.
Dans la salle polyvalente de la base de la SETRAG, l’atmosphère est studieuse, presque solennelle. Élus municipaux, représentants institutionnels et acteurs communautaires ont pris place autour des tables disposées en U. Ce mercredi, la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG), en collaboration avec les collectivités locales, a réuni ses partenaires territoriaux autour d’un enjeu majeur : renforcer la sécurité ferroviaire au profit des populations riveraines.
Au fil des interventions, il apparaît clairement qu’il ne s’agit pas d’un simple atelier technique. Une nouvelle étape dans la gouvernance territoriale du Transgabonais vient d’être franchie.
Le Transgabonais, artère vitale sous haute responsabilité
Infrastructure stratégique, le Transgabonais relie les zones minières et forestières au port d’Owendo et soutient une part essentielle de l’économie nationale. Mais cette performance logistique impose une vigilance constante : garantir la sécurité des communautés installées le long de la voie ferrée.
Représentant le Directeur général Christian Magni, empêché, la directrice de la communication, Mme Reine Sonia Okoua Obame, a donné le ton dès l’ouverture des travaux :
« Le Transgabonais est une artère vitale pour notre économie. Mais son efficacité ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité des populations riveraines. »
Un message ferme. Malgré les campagnes de prévention menées ces dernières années, les risques persistent. Traversées imprudentes, occupations anarchiques de l’emprise ferroviaire, installations non conformes : les incidents potentiels demeurent une réalité.
Face à ce constat, l’entreprise a choisi d’adopter une approche plus inclusive et territorialisée. L’atelier a ainsi permis de poser les bases d’un cadre formel d’échanges et de clarifier les responsabilités de chaque acteur.
Les collectivités locales en première ligne
Prenant la parole, le maire d’Owendo, M. Arnaud Sandie Nombo, a salué une initiative « responsable et structurante ». Il a reconnu que, au fil des années, certaines habitations se sont développées dans des zones non conformes à la réglementation ferroviaire, exposant leurs occupants à des risques majeurs.
« Cette situation appelle une réponse collective et durable », a-t-il insisté.
Pour l’édile, la sécurité ferroviaire s’inscrit pleinement dans la vision des plus hautes autorités en matière de protection des personnes et des biens. La municipalité, a-t-il assuré, jouera pleinement sa partition dans cette responsabilité partagée.
Une stratégie encadrée par le droit et ouverte aux communautés
Les échanges ont ensuite pris une dimension plus technique. Mme Mboute Inès Romilda, cheffe du département sociétal et RSE, et M. Ngagnia-Ndjabounda Eddy Clerck, chef de division relations communautaires, ont présenté la stratégie communautaire de la SETRAG.
Son fondement juridique repose notamment sur le décret n°00132/PR du 27 janvier 1978 réglementant la Police des Voies Ferrées en République gabonaise. Ce texte engage plusieurs ministères dans l’application des dispositions relatives à la sécurité ferroviaire et confère aux collectivités locales un rôle déterminant.
Dans ce dispositif, les communes deviennent des relais opérationnels essentiels. Elles ont été appelées à :
Diffuser les messages de sensibilisation via les chefs de quartier ;
Participer au recrutement des volontaires ;
Formaliser les associations communautaires ;
Faciliter le déploiement des actions sur le terrain.
De son côté, la SETRAG s’est engagée à :
Former et encadrer les volontaires ;
Assurer leur rémunération selon les modalités définies ;
Suivre et évaluer les actions mises en œuvre ;
Recueillir et analyser les données issues du terrain.
La stratégie s’aligne également sur la Norme de performance 4 relative à la santé et à la sécurité des communautés, traduisant une volonté affirmée d’adhésion aux standards internationaux.
Des échanges francs et un consensus trouvé
Les discussions ont été franches et constructives. Le représentant de l’Agence de Régulation du Transport Ferroviaire (ARTF) a rappelé que la SETRAG doit continuer à assumer pleinement ses responsabilités afin d’amener les riverains à respecter la législation en vigueur.
Après plusieurs heures de concertation, un consensus s’est dégagé : la mise en place d’équipes mixtes composées d’agents SETRAG, de représentants des communautés et des communes traversées par le chemin de fer.
L’objectif est désormais clair : passer d’actions ponctuelles de sensibilisation à une dynamique permanente et structurée.
Vers une culture partagée de la sécurité ferroviaire
À l’issue des travaux, plusieurs résultats sont attendus :
Une meilleure compréhension des risques ferroviaires ;
Un engagement renforcé des collectivités locales ;
Des orientations concertées pour les actions de terrain ;
Une collaboration durable entre la SETRAG et les territoires ;
Le lancement effectif du processus de constitution d’associations communautaires.
À Owendo, ce 11 février 2026, l’atelier a marqué plus qu’une étape technique. Il a envoyé un signal politique et sociétal fort : faire de la sécurité ferroviaire une culture partagée.
Car si le rail transporte minerais et marchandises, il traverse aussi des quartiers et des vies.
Et c’est précisément là que se joue l’équilibre entre développement économique et responsabilité sociale.
Le rendez-vous est donc pris pour le 18 février pour la mise sur pied d’une feuille de route devant encadrer ce vaste programme.

Société/Environnement
Transgabonais: modernisation & sécurisation de la ligne ferroviaire
[D]epuis quelques mois, les voyageurs du Transgabonais constatent des retards, des ralentissements ou des ajustements d’horaires sur leur temps de voyages. Dans un pays où le train le seul lien entre certaines provinces, les villages et les familles, ces perturbations ont un impact direct sur le trajet. Ces perturbations s’expliquent principalement par les travaux du Programme de Modernisation et de Sécurisation de la voie ferrée (PMS), engagés depuis le 24 novembre 2025 et prévus jusqu’à fin 2028 et avant ça du Plan de remise à niveau (PRN).

Ce projet de grande envergure a pour but de renforcer de manière durable la sécurité de la ligne ferroviaire.
La Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG) a un objectif clair : faire comprendre aux voyageurs que ces travaux, bien qu’ils soient contraignants aujourd’hui, ont pour objectif principal d’améliorer leurs conditions de voyage demain.
« Ces interventions ne sont pas menées pour compliquer la vie des voyageurs, mais pour prévenir les incidents, renforcer la sécurité et rendre la ligne plus fiable », rappelle Christian Magni, Directeur général.
À l’issue du PMS, les bénéfices attendus pour les usagers sont multiples notamment :
- Meilleure ponctualité, grâce à une infrastructure plus robuste et moins sujette aux incidents ;
- Réduction des risques d’accidents, notamment dans les zones dites instables
- Réduction temps de parcours, avec moins d’arrêts imprévus ;
- Meilleur confort de voyage, lié à une circulation plus fluide et sécurisée.
Au-delà du transport des voyageurs, le train assure l’acheminement des principales ressources nationales notamment le manganèse et le bois vers le port d’Owendo, tout en ravitaillant les provinces de l’intérieur en produits de première nécessité.
Toute perturbation ou retard dans le transport des marchandises entraîne des répercussions directes sur l’approvisionnement des localités desservies, pouvant entraîner des tensions sur les marchés et une hausse des prix. À l’inverse, l’amélioration de la fluidité du fret ferroviaire favorise une meilleure disponibilité des produits, soutient l’activité économique et renforce l’efficacité globale du service ferroviaire, au bénéfice des opérateurs économiques comme des passagers. Améliorer la fluidité du trafic ferroviaire, c’est donc sécuriser les déplacements des passagers, mais aussi stabiliser l’économie locale dont dépendent directement les populations.
Le réseau ferroviaire gabonais traverse des zones géographiques complexes, marquées par l’humidité permanente, les fortes pluies, l’érosion des sols et l’usure naturelle des infrastructures. Le Programme de Modernisation et de Sécurisation de la Voie vise à anticiper ces contraintes en remplaçant des rails vieillissants, en renforçant les zones sensibles et en modernisant des tronçons entiers de la voie.
Ces interventions, souvent peu visibles, imposent néanmoins des mesures de sécurité strictes : ralentissements, passages à voie unique, réduction temporaire du nombre de trains. Des contraintes indispensables pour protéger à la fois les équipes techniques et les voyageurs.
Consciente des désagréments, SETRAG a fait de la sensibilisation des usagers une priorité. En gare d’Owendo, Ntoum, Ndjolé, Lastourville ou Franceville, les agents expliquent directement aux voyageurs les raisons des perturbations. À bord des trains, des échanges humains permettent d’instaurer un dialogue franc.
Expliquer pourquoi un ralentissement est imposé pour sécuriser une zone ou protéger des équipes en intervention change la perception du voyage. « Quand on explique, les voyageurs comprennent que ces efforts sont faits pour leur sécurité », confient plusieurs agents.
Sous la pluie, dans la chaleur ou en pleine forêt, les équipes voie travaillent parfois dans des conditions difficiles pour garantir la sécurité de tous. Sensibiliser, c’est aussi rappeler que ces femmes et ces hommes œuvrent chaque jour pour permettre aux passagers de voyager dans de meilleures conditions.
Oui, les travaux perturbent le trafic aujourd’hui ; mais ils sont indispensables pour éviter les incidents demain, améliorer la qualité du service et construire un chemin de fer plus moderne.








