Politique
Gabon: un Vice-président de la République pour avant lundi de Pâques ? (Liste des prétendants)
Après l’engouement récent suscité par la nomination des 15 Sénateurs, Ali BONGO ONDIMBA (ABO) envisage une fois de plus chauffer, comme de la braise, le cœur des personnalités politiques gabonaises avec son annonce faite sur la nomination très prochaine du successeur de Pierre-Claver MAGANGA MOUSSAVOU (PCMM) emporté par le scandale du “Kevazingogate”. Le chef de l’exécutif l’a affirmé à Marwane Ben YAHMED du “Jeune Afrique” à l’occasion d’une interview tenue le 16 mars 2021. Comme à l’accoutumée, une liste non-exhaustive de noms circule alors que le numéro un gabonais ne s’est pas prononcé sur les critères. La surprise de cette nomination pourrait bien être révélée en prélude du lundi de Pâques suivant “Echos du Nord Confidentiel”. Qu’en est-il réellement ?
Qui donc pour succéder à Pierre-Claver MAGANGA MOUSSAVOU, qui lui-même, selon le bimensuel, “Echos du Nord Confidentiel”, en aurait toujours après ce fauteuil ? Une question qui vaut aujourd’hui tout son pesant d’or depuis qu’Ali BONGO a lâché une bombe au cours d’une interview exclusive accordée à “Jeune Afrique” : la nomination imminente d’un Vice-président de la République.
Pour l’histoire, le poste de vice-président a été restauré en 1997 sous Omar BONGO ONDIMBA, comme un poste désigné par le président de la République gabonaise. Le vice-président est depuis lors une sorte de président adjoint, mais pas le successeur constitutionnel du président en cas de vacance du pouvoir, celui-ci étant le président du Sénat.
Ali BONGO avait, pour sa part, aboli le poste en octobre 2009 avant de le restaurer en 2017 en y nommant Pierre Claver MAGANGA MOUSSAVOU. Ce dernier, éclaboussé dans le scandale du “Kevagate”, avait été limogé en 2018. Ainsi, à la question du Directeur de Publication du magazine de savoir s’il envisageait de trouver un remplaçant à son ex-Vice-président, le numéro un gabonais a répondu non sans rester vague : «la question sera réglée dans les plus brefs délais. J’ai actuellement à l’étude plusieurs profils. Mon choix sera connu rapidement».
Une déclaration qui a immédiatement bousculé le paysage politique national, au point que d’ores et déjà, des noms de potentiels personnalités sont cités ça et là Compte tenu de cet historique géopolitique, il est possible d’entrevoir plusieurs sérieux candidats à ce poste, au premier rang desquels Guy NZOUBA NDAMA, natif de Koulamoutou, au Sud du Gabon justement. Le Président du parti politique “Les Démocrates”, de l’opposition dite modérée, est le premier groupe de l’opposition au Parlement avec notamment 04 sénateurs et à l’assemblée nationale où il compte 12 élus. Par ailleurs, sa proximité avec le cousin du chef de l’État, Léon-Paul NGOULAKIA, dont la réconciliation pourrait également, selon “La Loupe” (N 482), faire changer la donne en sa faveur. Son aura politique, faisant de lui un sérieux candidat pour les élections présidentielles de 2023. Ali BONGO aurait peut-être intérêt à le nommer pour l’écarter.
Les candidats sont nombreux à l’instar de Jean de Dieu MOUKAGNI IWANGOU, ancien ministre de l’Enseignement Supérieur remercié en 2020 lors de l’avènement du Gouvernement OSSOUKA RAPONDA. Frédéric MASSAVALA MABOUMBA, ministre sous feu Omar BONGO et ancien porte-parole de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), est également cité. Lui qui, après sa sortie de prison en juin 2019, avait annoncé à l’occasion d’une conférence de presse donnée le 9 novembre 2019, prendre ses distances avec Jean PING, dont la stratégie de revendiquer la victoire lors de l’élection présidentielle de 2016, «mène l’opposition droit dans le mur», avait-il alors déclaré.
Ou encore Jean-Norbert DIRAMBA, actuel maire de la commune de Mouila, dans la province de la Ngounié, au Sud, ravie à l’ancien vice-président de la République, qui l’a traîné devant les tribunaux après l’avoir traité de «rigolo» et de «voleur». Jean-Norbert DIRAMBA, lui aussi pressenti comme choix potentiel, se serait vu, d’après plusieurs rumeurs, promettre, par l’ancien Directeur de cabinet d’ABO, Brice LACCRUCHE ALIHANGA, 2 ans plus tôt, le siège tant convoité en contrepartie de cette guerre qu’il a ardemment menée contre PCMM.
Mais, si le locataire du Palais du Bord de Mer créait la surprise en nommant un non-Sudiste cette fois ? Dans cette optique, Ali BONGO dispose là encore de l’embarras du choix. Il l’a lui-même déclaré au cours de la même interview, «J’ai actuellement à l’étude plusieurs profils».
Puisque le nom de Dieudonné
MINLAMA MINTOGO (DMM) revient régulièrement. Le président du parti Ensemble pour la République (EPR) et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 est un chantre du dialogue politique connu et apprécié par la classe politique en général. Pour cet homme politique chevronné, par ailleurs républicain, l’unité nationale, la stabilité politique, la culture de la paix et du dialogue, ont toujours constitué les piliers d’une société gabonaise plus renforcée. C’est pourquoi il s’est toujours posé en rassembleur avec une forte inclination pour les actions à forte portée sociale
Ou peut-être bien Michel ESSONGHE souvent cité pour un poste à la présidence du Sénat, qui selon certains commentaires lui irait bien, rappelle “La Loupe” (N499).
Par ailleurs, c’est René NDEMEZO’O OBIANG de Démocratie Nouvelle (DN) qui est également très en vue, au titre de réparation, pour «l’injustice dont il a été victime lors des dernières sénatoriales à Bitam», rappelle « Gabon review« , en faveur de ONDO METOGHO. En campagne pour ce poste, il en d’ailleurs fait la demande à l’occasion d’une récente audience avec Ali BONGO, indique le bimensuel “Echos du nord”. De plus il faut dire qu’il a une parfaite connaissance aussi bien de la majorité que de l’opposition. Ceci pourrait donc être un avantage pour lui.
Plus discret mais non moins intéressant de par son profil, le président du Conseil National de la Démocratie, Me Séraphin NDAOT-REMBOGO fait lui aussi figure de candidat assez sérieux à la Vice-présidence.
Sans être exhaustive, cette liste de personnalités tout aussi variées est donc déjà à l’étude sur le bureau d’Ali BONGO, qui fait mystère jusque-là de ses critères. On sait bien que rien n’est impossible en politique. Et si Ali BONGO devenait l’homme politique de la décennie en débouchant son plus farouche adversaire Jean PING ? Ce dernier, muet comme une carpe, passe aujourd’hui en dessous des radars depuis qu’Alexandre Barro CHAMBRIER ambitionne de se présenter en 2023. Ou pour demeurer dans l’opposition, pourquoi pas Casimir OYE MBA, vice-président de l’Union nationale (UN).Ce serait finalement un rebond inattendu qui viendrait définitivement changer le paysage politique national. Alors quel choix fera le numéro un gabonais ? Réponse dans les prochains jours…
