Numérique
Gabon/ Suspension des réseaux sociaux : « une stratégie de protection préventive plutôt qu’une privation des libertés fondamentales »
La suspension temporaire des réseaux sociaux du groupe Meta et bien d’autres par la Haute Autorité de la Communication (HAC), le 18 Février 2026, a causé un afflux massif de critiques, tant sur la plan national qu’à l’international. Selon les autorités de Libreville, outre la « recrudescence de contenus diffamatoires » et une « manipulation politique » qui « entrave la cohésion sociale » sur les différentes plateformes, les Gabonais seraient également exposés à des « contenus violents, voire pornographiques”.
«Les gabonais vont attendre.. »
Reçue sur le plateau de “TV5 Monde Info”, le jour suivant, la Porte-parole adjointe de la Présidence de la République, Mélodie SAMBAT, s’est exprimée sur cette polémique qui fait couler encre et salive . Elle assure que cette décision prise par les plus hautes autorités n’est en aucun cas une erreur, ni un dérapage, mais un choix assumé afin que l’entreprise américaine Meta, dirigée par Mark ZUCKERBERG puisse répondre après plus d’un an et demi d’alertes.
«Il a fallu justement faire cette suspension pour qu’on ait une réponse du groupe Meta. Suite à la suspension d’hier, ils nous ont appelés pour des négociations.» a-t elle indiqué.
La prévention comme stratégie de gouvernance
Ne dit-on pas que “gouverner c’est prévoir” ?
En devançant la justice américaine connue pour ses perspectives capitalistes, le Gabon a anticipé les mesures que celle-ci s’apprêterait à imposer au groupe Meta et Google. Car au États-Unis, ces derniers sont déjà sous le coup de 1600 plaintes, ou se tient depuis 18 du mois en cours, au tribunal de Los Angeles. Les deux géants du numérique ont comparu pour avoir délibérément conçu leurs plateformes avec des algorithmes additifs, visant à rendre jeunes utilisateurs dépendants.
Il ne s’agit donc pas d’une privation de la liberté d’expression, garantie par « l’article 14 de la Constitution » du 19 décembre 2024, Mais d’une interruption momentanée à l’accès à des produits numériques qui fonctionnent comme des machines à addictions. Car ces derniers ciblent spécifiquement des enfants dès l’âge de 6 ans sur des plateformes diverses, à l’instar de YouTube et Instagram et qui sont associés à des problèmes graves tels que la dépression, les troubles alimentaires et même le suicide.
L’urgence de la création d’une Police numérique
Au regard de ce qui se passe, l’idée de la création d’une Police numérique fait son bonhomme de chemin. C’est déjà le cas dans plusieurs pays africains. Au Gabon, la « loi n°027/2023 du 12 juillet 2023 » prévoit la création d’officiers de police judiciaire, mais l’opérationnalité de cette brigade spécialisée tarde à se concrétiser.
Sans toutefois recourir à des coupures généralisées, il s’agirait ici des agents ayant des prérogatives adaptées telles que, la saisie de contenus numériques, les perquisitions informatiques et la collecte de preuves électroniques sous le contrôle de l’autorité judiciaire.
«Au final, les injures publiques, les diffamations, les contenus à caractère violent et pornographique, sans oublier le manque de communication du parquet, sur le dispositif légal et réglementaire entraîne une inaction des victimes qui pensent que l’internet est un monde où règne l’impunité», a confié une source proche du milieu judiciaire auprès de nos confrères de Gabon média time (GMT).
