Politique
Julien NKOGHE BEKALE dit ne pas savoir « ce qu’on appelle être riche »
Lors d’un récent passage sur le plateau de “Afrique media”, l’ancien premier ministre d’Ali BONGO, Julien NKOGHE BEKALE a évoqué les tranches salariales des membres du gouvernement. Rectifiant au passage l’idée que l’opinion se fait de lui, «je ne suis pas riche». Voilà qui est dit !
Selon l’Observatoire des inégalités en France, le seuil de richesse vaut deux fois le niveau de vie médian. Hors suivant les données de la banque mondiale, en 2022, le niveau de vie médian des gabonais se situait à 628 $, soit 377 000 Fcfa. Le seuil de richesse au Gabon serait donc fixé à 754 000 Fcfa. Ainsi tout individu dont le revenu se situe au-dessus de ce seuil est considéré comme riche.
Pourtant s’exprimant «en toute transparence» sur les revenus des membres du gouvernement, sur le plateau télé, Julien NKOGHE BEKALE qui a été successivement Ministre des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures (2009-2011), des Transports et équipements (2011-2012), de l’Agriculture (2012-2014), des PME et de l’artisanat (4 mai 2018 – 23 juillet 2018), du Travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (2018 – 2019), puis Premier ministre (2019-2020) est revenu sur les revenus mensuels de chacune de ses fonctions.
«Un Premier ministre au Gabon, gagne 4,7 millions de Fcfa par mois. Un ministre d’État 3,5 millions de Fcfa, un ministre simple 3 millions de Fcfa, un ministre délégué 2,5 millions de Fcfa. Les ministres sont en quoi riches? Les ministres ne sont pas riches. Un député gagne 1,7 millions par mois», a révélé l’homme qui cumulé fonctions ministérielles et parlementaires pendant 5 années, totalisant en moyenne 4,7 millions de Fcfa par mois.
Pourtant, l’homme qui s’est livré à l’exercice de la déclaration de patrimoine dont on ne saura jamais le contenu, après sa nomination en tant que chef du gouvernement, avec 11 mois de retard, contrairement à ce que prévoit la loi,se convainc d’une vérité bien à lui, «je ne suis pas riche. Je ne connais pas ce qu’on appelle être riche». Mais si l’on s’en tient à la logique de l’observatoire des inégalités sur le seuil de richesse, c’est bien le décuple du niveau de vie médian que percevait mensuellement l’ancien premier ministre, alors aux fonctions. Il faut croire que l’on en a jamais assez.
Surtout quand l’on prend en compte les données de la Banque mondiale, qui estimait en 2022, que près de 4% de la population gabonaise vivait en dessous du seuil de pauvreté. Lequel a été revu à la hausse depuis la même année à 1 300 Fcfa. Quoiqu’il en soit, l’ex-premier ministre prétend ne pas savoir ce que ça signifie d’être riche, il est fort à parier qu’il sait encore moins ce qu’est vivre avec 39 000 Fcfa par mois.
