Faits Divers
Mouila: le grand banditisme prend de l’ampleur dans la ville
Le chef-lieu de la Ngounié est soumis, depuis quelques temps, à une vague d’insécurité qui, chaque jour, prend des proportions inquiétantes. Il ne se passe plus un jour sans que des cas de vols aggravés, de braquages, de viols, etc. soient signalés. Les victimes sont aussi bien des personnes physiques que des personnes morales, telles que les administrations publiques ou privées.
Beaucoup estiment que le phénomène tire ses origines des fêtes tournantes de 2003 et 2008, ainsi que l’installation, en 2012, d’Olam palm Gabon. Des faits qui vont être à l’origine d’un petit flux migratoire. Amenant la région à accueillir des ressortissants d’autres localités et même des expatriés. Malheureusement, la rémunération va s’avérer insuffisante et les licenciements massifs vont jeter plusieurs personnes dans la précarité, les obligeant à chercher d’autres moyens pour palier à leurs difficultés.
«Vous savez que le travail éloigne de nous l’ennui, l’oisiveté et le vice. Vous n’êtes pas sans savoir que de nombreux jeunes, venus d’horizon divers, ayant perdu leur emploi, sans soutien, sont livrés à eux – mêmes et les conséquences, ce sont les vols à la tire, avec violence, la consommation de stupéfiants, les viols …», a confié à nos confrères de “L’Union”, le Capitaine KOUMBA NIASSA de la police judiciaire. Ainsi, de nombreux domiciles et bureaux administratifs sont visités quotidiennement par des délinquants qui emportent ce qu’ils peuvent.
Tout y passe, que ce soit des objets de grande valeur, du matériel didactique et même des provisions. «Ils sont passés par la fenêtre de ma cuisine pendant que je dormais avec les enfants. Ils m’ont pris un écran plasma et deux téléphones branchés au salon, avant de ressortir par la grande porte», témoigne Sandrine BILEMBA, une victime.
«Nous avons été visités dernièrement à l’école publique Mouila « D » par des inconnus. Ils sont passés par les volets des fenêtres et ont emporté les rames de papier, des fournitures didactiques. Et cette situation n’est pas propre à un seul établissement scolaire», s’est plaint la directrice de l’établissement, Zoé Bertille MAVIRI. La direction provinciale des Eaux et forêts, le tribunal de Première instance et la mairie du 2ème arrondissement ont également fait l’objet d’attaques de malfrats.
Selon la police judiciaire, le modus operandi serait le même. « Les malfrats utilisent les crics, les ciseaux, des barres de fer, le pied de biche, les massettes, etc. ». Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Mouila est devenue l’une des plaques tournantes du trafic de drogue au Gabon. La police gabonaise saisit, très fréquemment, d’importantes quantités de résines de cannabis ou de chanvre indien, dont la valeur marchande est évaluée à plusieurs millions de Fcfa.
