Santé
Gabon /Covid-19: les médecins fonctionnaires noyés dans leurs contradictions
Hier mercredi 3 mars 2021, le Syndicat des médecins fonctionnaires du Gabon (SYMEFOGA) signait un communiqué de presse faisant état de la précarité des conditions de prise en charge des patients Covid dans les structures hospitalières publiques du pays notamment au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL). Mais seulement, les problématiques soulevées par ledit document renvoient aux carences créées du fait des médecins fonctionnaires eux-mêmes quand d’un autre côté ce qu’ils dénoncent est bien-fondés.
C’est un coup de gueule pour le moins incongru que le SYMEFOGA a poussé hier en s’adressant à Ali BONGO, à Rose Christiane OSSOUKA RAPONDA et à l’ensemble des citoyens. Mettant à nu une kyrielle de défaillances du système de santé national, les médecins ont déploré une situation maintenue par la négligence des autorités.
Pourtant, si les pouvoirs publics ont une grande part de responsabilité dans «l’agonie de [notre] système de santé», de nombreux manquements sont également à mettre à l’actif des médecins eux-mêmes. Par exemple, en pointant le manque de matériel et de médicaments dans les hôpitaux publics, les concernés oublient que ceux-ci sont allègrement détournés pour se retrouver dans les cliniques privées où ils exercent en parallèle.
À côté, il est de notoriété avérée que l’accueil dans les structures de santé publiques laisse énormément à désirer. Dans les hôpitaux publics, l’on peut arriver à 8h être reçu à 12h parce que «le médecin n’est pas là», rétorque-t-on bien souvent aux usagers. C’est dire que les activités parallèles des médecins dans les cliniques privées en sont venues à occuper les ⅔ du temps des médecins fonctionnaires, au grand dam des citoyens qui sont livrés à davantage de détresse physique mais aussi morale.
Ces exemples parmi tant d’autres soulèvent la question de la responsabilité partagée entre pouvoirs publics et médecins fonctionnaires. Si l’on peut comprendre le désarroi de ces derniers face aux conditions peu idéales de travail, il faut reconnaître que très peu est fait dans le sens de soulager au mieux les usagers qui viennent solliciter des soins de santé. Dans ce statu quo, il ne faut point oublier que les citoyens sont les plus grands perdants, qui pâtissent du trop peu de considération et d’empathie dont font preuve les autorités et les médecins fonctionnaires. À chacun donc de rectifier le tir selon son tort pour le bien de tous.
