Société/Environnement

Gabon: quand l’accès au service public dépend de l’accoutrement de l’usager

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L’administration publique gabonaise a institué l’on ne sait à quel moment et sur quelle base, un critère d’éligibilité à l’accès aux offres de service public par le citoyen. Comprenez, si selon le standards de l’administration publique, un usager est “mal habillé”, il est automatiquement exclu de l’accès au service public. Cette pratique, décriée par les usagers, est durablement établie dans pas mal d’administrations et lèsent inévitablement les populations.

Au Gabon, pour se rendre dans un un ministère ou une structure liée à l’administration publique, il faut se mettre sur son trente-et-un, au sens propre du terme. En effet, une pratique s’est installée depuis longtemps dans les administrations consistant à refouler systématiquement toute personne qui ne serait pas en tenue correcte. La tenue correcte correspondant au port d’un pantalon et d’une chemise. Cette obligation a même été consignée dans des notes affichées aux abords de certains de ces établissements.

Nos confrères de « Moutouki” rapportent la mésaventure d’un quinquagénaire qui se rendait au Commissariat central de Libreville. À peine ce dernier avait-il pénétré dans l’enceinte dudit établissement de police, il sera violemment rabroué par un agent en livrée sur place, qui lui signifiera sèchement qu’il ne peut continuer sa route vers le bâtiment. Fulminant des injures à l’endroit du quinquagénaire, il lui dira vertement de revenir «quand vous saurez vous habiller». Le monsieur était vêtu d’un pantalon de type kaki ( appelé aussi “jet”, ndlr). Cette anecdote n’est qu’une expérience parmi tant d’autres similaires que vivent les usagers.

Dans le cas d’espèce et dans tant d’autres, l’on peut se poser la question de l’utilité, de la pertinence et de la légalité de cette pratique au demeurant discriminatoire puisque fondée sur des critères subjectifs liés à l’aspect physique. L’on se demande si ce qui est attendu de l’administration publique ce sont des brimades vis-à-vis du citoyen ou un service public efficace. En quoi l’accoutrement d’un compatriote le rendent éligible ou pas au service public, qui doit pourtant être garanti à tous sans distinction aucune ? Aux initiateurs de cette mauvaise pratique, l’on ne peut que rappeler cet adage connu : l’habit ne fait pas le moine.

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